Il ne vous a sans doute pas échappé que nous sommes en train d’être engloutis par le plastique. Quand je dis « nous », il s’agit de la planète entière : eau, air, sol, flore, faune… Plus rien n’échappe au plastique. Nous allons devoir nous retrousser les manches pour trouver des solutions.

 

Et pourtant, tout avait si bien commencé !

 

C’est au XIXe siècle que les premières découvertes ont eu lieu. Il s’agissait alors de transformation chimique de produits naturels telle que la cellulose. Ces premières transformations donneront naissance quelques années plus tard au celluloïd. Rendu possible grâce aux frères Hyatt, qui ont réussi à stabiliser la formule et créer une matière capable de remplacer l’ivoire des éléphants pour fabriquer les boules de billard, des touches de piano ou encore de fausses dents.

Le Celluloïd, hautement inflammable, était utilisé entre autres pour fabriquer les pellicules de film. Vous souvenez-vous de Cinema Paradiso avec Philippe Noiret ?

pellicule-film

Au début du XXe siècle, la bakélite – du nom de son inventeur Léo Baekeland – isolante et résistante à la chaleur, accompagne l’installation de l’électricité dans nos maisons. Puis l’histoire s’accélère.

En 1938, le fil de nylon, découvert et développé par l’industriel américain Dupont de Nemours, est une révolution : « aussi solide que l’acier, aussi fin que la toile d’araignée et d’un magnifique éclat ». Il permet de fabriquer les parachutes des GI’s américains et révolutionne les jambes des femmes.

La seconde guerre mondiale devient la salle d’essai de nombreuses matières plastiques, comme le téflon. Dès les années 50, le plastique entre en force dans les maisons et en particulier dans les cuisines : léger, solide, coloré. Il remplace le fer, le verre et le bois, puis vient le temps des synthétiques des vêtements…

 

Le plastique est partout

 

Grâce à lui, nos voitures deviennent de plus en plus légères et consomment moins d’essence. Il est également très utilisé en médecine et dans l’industrie pharmaceutique et dans le bâtiment pour ses capacités isolantes. Il peut être fabriqué à moindre coût en très grande quantité.

Le plastique adopte toutes les formes. Il est la matière première des imprimantes 3D qui vont nous permettre de réparer nos chaudières au lieu de les changer grâce à des pièces fabriquées sur mesure ! Et ce n’est pas que dans les reportages qu’on voit sur Youtube.

J’ai entendu parler d’une pièce fabriquée au FabLab de la Gare Numérique à Carpentras qui a permis de réparer une chaudière dont on ne trouvait plus ou pas rapidement la pièce cassée.

 

Difficile, voire impossible de faire sans le plastique !

 

Et pourtant la réalité montre que nous devons faire des choix dans notre consommation. 40% des objets fabriqués ne servent qu’une fois avant d’être jetés. C’est particulièrement vrai pour les emballages plastiques dont la quantité a explosé depuis les années 70-80. La plupart sont à jeter et non à recycler.

Comprenons bien, si l’on met de côté la pollution liée à la fabrication de la matière plastique, aujourd’hui sur les 300 millions de tonnes fabriquées par an, 8 millions s’envolent dans les océans.

surconsommation-plastique

Vous avez sûrement entendu parler du 7e continent découvert en 1997 entre Hawaï et les Côtes Californiennes par le navigateur Charles Moore.

En mars 2018, pour préparer son intervention de nettoyage, l’association OceanCleanup a mesuré, évalué la taille de cette mer de déchets translucide. Elle représente 3 fois la France. Cet océan plastique rassemble 80 000 tonnes de déchets composés au trois quarts de débris de plus de 5 cm.

On sait maintenant qu’il en existe 4 autres dans le monde. Situés sur des zones de hautes pressions, leur position correspond aux 5 courants marins principaux et maintiennent prisonniers les déchets qui y arrivent quotidiennement depuis 50 ans. Ces plaques atteignent par endroit 10 mètres de hauteur.

En fait, on trouve du plastique dans toutes les mers du monde, parfois jusqu’à 1400 mètres de profondeur.

 

Un danger pour la faune marine

 

Les autopsies montrent que ces déchets sont ingérés par la faune marine, et deviennent une cause courante de mortalité. Les tortues marines par exemple ingèrent des sacs plastiques pensant que ce sont des méduses, cela provoque soit des occlusions intestinales, soit un effet de satiété permanent, car le plastique ne se désagrège pas dans l’estomac de l’animal qui meurt de faim.

Ça c’est pour les déchets de plus de 5 cm. En-dessous, on parle de microparticules. Sous l’effet du soleil, des vagues, du sel, le plastique se désagrège mais ne disparaît pas et peu à peu est intégré dans la chaîne alimentaire. À titre indicatif, une moule filtre entre 20 et 25 litres d’eau par jour. Il arrive que les moules que nous mangeons contiennent des micro particules, que nous ingérons nous-même par la suite.

 

Une prise de conscience est en train de naître

 

Cette prise de conscience au sujet du plastique est aussi poussée par la puissance des réseaux sociaux.

De nombreuses initiatives voient le jour, comme le nettoyage de la première soupe plastique par l’association Ocean Cleanup qui pense réduire de moitié la quantité de déchets d’ici 2050.

Des politiques contraignantes sont mises en place, comme l’interdiction de la vaisselle plastique en France à partir de 2020, ou la fin des bouteilles plastiques dans les travées du parlement européen d’ici l’été 2019.

Saviez-vous que la ville de San Francisco a interdit depuis plusieurs années déjà la vente de bouteilles plastiques dans les lieux publics ? A titre de remplacement, de nombreuses fontaines ont été installées dans toute la ville.

On parle également beaucoup de revalorisation des déchets, avec des objectifs comme 100% des plastiques recyclés d’ici quelques années. Ce qui paraît difficile dans la mesure où, contrairement au verre, le plastique perd ses qualités intrinsèques à chaque recyclage. Ce qui oblige les industriels à le mélanger avec du plastique vierge, très peu coûteux.

Le plastique vierge est tellement bon marché et facile à traiter que les industriels traînent des pieds pour trouver d’autres solutions. Le reportage de l’émission CashInvestigation « plastique, la grande intox » explique l’intérêt des industriels pour financer des campagnes culpabilisant les utilisateurs et les pousser ainsi au tri des déchets, sans de leur côté investir vers des solutions pérennes pour la planète.

 

Quelle(s) solution(s) ?

 

Aujourd’hui, la seule et unique réelle solution est de limiter notre consommation de plastique.

 

Des exemples simples à mettre en place dès maintenant

 

Pour limiter l’achat de produits emballés dans du plastique, quelques exemples :

  • achetez du jambon à la coupe plutôt qu’emballé sous vide,
  • utilisez une gourde et buvez de l’eau du robinet, plutôt qu’acheter systématiquement des bouteilles en plastique,
  • achetez des sirops, plutôt que des sodas….

Le domaine des cosmétiques et des produits de la salle de bain est aussi un vaste champ d’investigation pour moins utiliser le plastique. Personnellement, je débute doucement ! J’utilise une gourde que je réutilise encore et encore.
J’ai investi dans une brosse à dents en bois. Dans ma salle de bain, vous ne trouverez plus des savons liquides emballés dans du plastique mais bien du savon solide.

Et vous, comment limitez-vous votre consommation de plastique ?

Photo by Louis Hansel on Unsplash

Retrouvez la vidéo de la chronique « le plastique c’est pas (toujours) fantastique » enregistrée en live sur Osmose Radio

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer